Derniers mots pour ce tableau
Dans ce bas-relief pictural, tout est paradoxe.
Le monde se bande les yeux volontairement face à des vérités qui s’imposent aujourd’hui.
Ainsi, de nombreuses personnes décident de ne plus voir.
Elles avancent, portées par leurs illusions.
Voir est devenu trop lourd, trop exigeant.
Le monde crie, vacille, se fissure.
Mais le bandeau tient bon. Alors, on s’en remet à l’ombre.

L’inspiration antique n’est pas décorative ; elle devrait interroger.
Nos sociétés se parent de lauriers, symboles de sagesse et de victoire.
Face aux urgences, elles se voilent les yeux.
Elles préfèrent le confort du déni à la lucidité qui oblige.
Le traitement en bas-relief, presque sculptural, ancre cette figure dans la pierre.
Corps figé, témoin silencieux de nos refus collectifs.

Les verts en arrière-plan évoquent une nature encore présente.
Une question demeure : sommes-nous cette figure de pierre ?
Mains tendues vers des vérités qu’on refuse de nommer,
couronnés de nos propres certitudes,
aveugles volontaires dans un monde qui verdit encore.
Mais pour combien de temps ?
Le monde est-il devenu de pierre ?

