Derniers mots pour ce tableau
Sous lui, des ombres sans visage.
La main tombe. La brume pèse.
Et le monde hésite à prendre forme.

Une main qui dit tout ce que les mots refusent. Immobile. Elle ne montre rien. Elle tombe. Abandonnée, comme un ultime geste devant l’abîme.

L’homme est couché. Pas endormi. Pas mort. Couché. Un corps qui a trop porté. Les bras ouverts dessinent une croix horizontale. Non celle de la foi. Celle de l’épuisement. La chair est peinte dans sa vérité, dans son poids, dans sa fatigue. C’est le seul être fini du tableau. Autour de lui, tout flotte encore.

Sous la main abandonnée, des présences. Des ombres grises dans un brouillard qui les absorbe. Elles ne marchent pas. Elles dérivent. Silhouettes sans visage. Humanité perdue, encore indéfinie, comme si le monde avait cessé de lui donner forme.
La falaise n’est pas un rocher. Ma limite intérieure. Un horizon visible au-delà duquel je ne peux plus avancer. L’endroit où le monde cesse d’exister.
Avant d’aboutir à ce tableau « La Falaise », cette recherche est passée par trois petits formats, à découvrir dans l’article –> « Trois variations autour d’une idée ».

