Derniers mots pour ce tableau
Le ciel a perdu ses repères.
Sous elle, le sable coule.
Le monde l’a oubliée.

Le geste est ancien. Celui que l’on fait vers un fruit, vers un visage, vers ce que l’on voudrait garder près de soi. La paume ouverte. Les doigts écartés. Encore l’espoir d’atteindre.

Ses pieds ne touchent plus le sable. Son corps flotte. Elle ne tombe pas vraiment. Elle ne s’élève pas davantage. Elle demeure entre deux mouvements, comme retenue par le vide.
Sous elle, un robinet surgit de la dune. Il ne donne plus d’eau. Le sable coule, rejoint le désert.
Plus loin, des arbres calcinés restent debout. Leurs racines sont à nu. Leurs branches reprennent le geste de la femme, mais le ciel ne répond plus.
La Terre paraît proche, presque à portée de main. Cherche-t-elle à la retenir ? À la rejoindre ? À s’excuser ? À lui dire adieu ?
Je n’ai pas voulu répondre. Son geste est tendu, presque combatif.

La catastrophe et le cri sont restés hors du tableau. Je voulais seulement un instant suspendu : une femme qui résiste au-dessus d’un paysage dont la vie s’est retirée.
La canicule de l’été 2026 m’a laissé cette image. Une terre qui ne reçoit plus rien. Et cette question :
Le monde nous échappe-t-il vraiment ? Ou sommes-nous, sans le savoir, en train de le laisser partir ?
